Joanne Poitras

Utilisation d'éléments naturels au sein d'une installation visant à établir une relation d'attraction et d'inclusion au regard du spectateur

Comment investir un rapport à soi tout en créant une ouverture à l'autre dans le prolongement d'un travail faisant écho au land art? Si l'on peut énoncer que le principe de l'attirance vers l'autre peut être un concept ouvert et intégrateur, souvent même associé à de multiples relations paradoxales telles la distance et la proximité, la pulsion et la prédation, l'attraction et la répulsion, j'estime que ce principe a le pouvoir de générer des territoires singuliers à la fois individuels et collectifs.

Si la nature se définit comme un environnement sauvage et chaotique, elle représente également un système composé de minéraux, de plantes, d'animaux et d'humains fonctionnant en termes de proximité. Cette ambivalence réside en nous, dans nos échanges constants avec l'environnement. La nature existe simplement parce que nous pouvons la penser. Je crois que nous ne pouvons exister sans l'idée de nature, sans cet ensemble environnemental dont nous dépendons, qui nous entoure et qui traverse notre univers.

Lorsque je délocalise la nature, je pose des gestes. Ces actions, aussi simples soient-elles, font apparaître l'idée de culture. Ainsi, j'intègre la notion qu'on oppose habituellement à l'idée denature, soit l'artificiel et le non-naturel, à l'idée deculture, que j'associe à l'ensemble des activités de l'être humain. Au lieu d'opposer nature etculture, je conçois ces entités comme interdépendantes.

En utilisant des matériaux puisés à même la nature, j'organise des structures simples et je construis un espace où j'introduis les notions de territoire, d'équilibre, d'altérité et d'intersubjectivité dans un rapport physique qui sollicite le spectateur. Par le biais de disciplines qui favorisent l'émergence de la trace, de l'empreinte ou du résidu (estampe, peinture, médias mixtes), j'initie un espace d'engagement où le spectateur participe en quelque sorte à la matérialisation de l'oeuvre.

Directeur de recherche : Jean-Pierre Gilbert