Daniel Corbeil

Une approche composite de la sculpture comme métaphore critique des valeurs liées à l'environnement industriel contemporain

Mon travail de création interroge le réel par le biais du simulacre technique. Ainsi, par une approche composite de la sculpture intégrant les pratiques du dessin, de l'installation, de la photographie et de la réalisation de maquettes, il m'est permis d'investir des voies technologiques délaissées ou marginalisées par l'avancée univoque du progrès.

La réalisation d'un kayak de mer, d'un avion ultra-léger, de photographies aériennes, et maintenant d'un dirigeable télécommandé, deviennent des moyens pour investir le signifié de ces objets afin de les démystifier. Comme Jean Dumont l'a écrit dans un communiqué à propos de mon travail : «Il devient alors possible de se réapproprier le réel d'un monde qui nous échappe en utilisant sous une forme pervertie, simulée, ses propres techniques d'affirmation.»

Dans cette simulation technologique libérée de toute nécessité d'efficience, il est question d'interroger l'idéologie du progrès, de poser un regard critique sur l'esprit darwinien qui l'anime.

L'installation Balénoptère : simulacre technique, réalisée à l'intérieur des murs de l'ancienne École des technologies supérieures de Montréal au printemps 1998, vise à susciter une interaction dynamique, voire une médiation, entre l'art et la technologie, c'est-à-dire entre le dirigeable et le lieu dans lequel il se trouve. L'inscription de cet artefact aérien issu de la haute technologie dans un lieu originellement voué à la transmission de ce savoir permet de mettre en relief un objet qui, sous une forme simulée, relève justement du monde scientifique évoqué par le passé du lieu.

Directeur de recherche : Claude Mongrain