Sculpture et mécanique du sensible : l'emploi de constructions et de dispositifs pour évoquer le monde sensible
Mon approche de la sculpture est hybride et interroge la nature de l'intervention humaine en regard des matériaux, de leurs caractéristiques, de leur provenance et de leur fonction évocatrice dans un rapport individu/territoire/paysage.
Je tente de sensibiliser le spectateur aux qualités premières des différentes matières grâce à l'opposition à une géométrie rigoureuse (la paille en 1988), par un travail minutieux et détaillé (travail avec le treillis en 1992) ou avec une représentation contraire à nos habitudes de perception (rosace d'église en paille, mur de pierre en tapis-gazon en 1994). Je rêve d'objets qui sont à la frontière du possible et de l'impossible. Cette façon de générer de la «pensée matérielle» s'étend à toute ma sculpture.
Mes travaux se présentent sous le principe du parcours. Un parcours où le vide devient un espace limite, un interdit ou une ouverture au corps qui circule dans l'environnement. Le vide, puisqu'il n'impose rien, est le lieu des possibles. L'espace vide du jardin zen comme celui du bouquet floral excite l'imagination. L'harmonie créée entre le vide et les éléments est telle qu'elle permet à la pensée de s'épanouir.
Ma sculpture relève d'une philosophie de la trace et du découpage. La présence humaine sur le territoire est inscrite dans les constructions-motifs que j'utilise. Si avant les motifs choisis (pylône, clôture) étaient le résultat d'un principe d'édification dans le paysage, dans mes plus récentes oeuvres, la relation entre l'humain et le territoire n'est plus abordée de la même façon. Je travaille sur la limite avec l'autre ou le désir de l'autre plutôt que strictement sur la limite territoriale comme telle ou si l'on veut, sur la structuration du territoire par l'humain.
Je travaille la limite comme une ouverture et le territoire comme étant relationnel et donc sujet à de perpétuelles transformations. Dans presque toutes mes lectures, je retrouve ce rapport à la mobilité des choses. Certains auteurs parlent de cheminement réversible (Durand), d'autres de trajet perpétuel, de trajectivité (Berque), de rythme (Gattari et Deleuze) ou de structure aréolaire (Berque) mais on voit bien que cette tendance se traduit par une vision discontinue, une conversation entre les espaces et implique le concept d'articulation mobile.
Directeur de recherche : Jean-Pierre Gilbert
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Notice bibliographique
- Titre : Sculpture et mécanique du sensible l'emploi de constructionset de dispositifs pour évoquer le monde sensible
- Auteur: Mireille. Plamondon
- Sujets: Plamondon, Mireille; Démarche artistique; Mémoires etthèses de création; Thèses et écrits académiques
- Titres liés: Collections : Mémoire-création : [maîtrise en arts visuels et médiatiques] ; [A265]
- Éditeur: Mémoire-création présenté comme exigence partielle de la maîtrise en arts plastiques
- Date: 1995
- Description: vi, 58 feuillets ill. en coul. 17 diapositives (coul.)
- Contenu/Support: /
- Langue: Français
- Permalien: http://virtuolien.uqam.ca/tout/UQAM_BIB000372041
- Localisation: Annexe Arts AC20U5522 A265







