Philippa Karen Langshaw

Passages entre image et texte, constructions poétiques à contenu polymatique, intervention artistique dans le contexte du site urbain

Faisant référence aux récents travaux ayant pour titre «pharmakon - [ab] normal patterns of behaviour - stress art productions» 1997-1999 (travail de thèse de base) et «en d'autres termes : la lettre tue mais l'esprit vivifie» 1999, l'intention de ce texte sera d'articuler le processus de ma pratique artistique. En se penchant sur l'aspect comparatif du travail de base avec une production plus récente, (similitudes et différences) - le lecteur bénéficiera d'une vue d'ensemble de ma pratique hybride comme discours secondaire : contenu, idéation, direction, manifestation et méthodes de dissémination reflètent les langages de la poésie, de la mécanique quantique, de l'architecture et de la fabrication de l'image dans le carrefour interdisciplinaire ou polymatique. Le motif d'hybridité obtenu par le croisement de ces disciplines, détermine les paramètres du discours narratif personnel dans le tissu social.

Les vues partielles ou fenêtres de la strophe, insérées dans le corpus du texte principal, appartiennent au monde de la pensée qui rejoint le processus de cheminement des idées. Cette interposition de la strophe est inhérente à ma production et à mon expression artistique, tel un système de rangement chaotique de l'esprit poétisé. L'esprit peut, avec grande aisance et souplesse, errer dans une infinitude d'endroits que nous proposent les espaces physiques et psychiques, et son voyage jusque dans l'espace public (constitué par le paysage et la population) peut se lire avec fluidité si l'on s'efforce de s'engager dans le monde relationnel de l'individuel vers le collectif.

Dans l'unité, nous sommes des parcelles complémentaires et autonomes rassemblées, en même temps, jamais ou hors du temps. Les espaces du domaine public (en opposition au privé) sont complexes, en constante fluctuation, bien en place, mais toujours extrêmement imprévisibles.

Une pratique artistique vouée à l'espace public comme galerie ou site démocratique n'est pas un lieu stable, mais situe l'extension de ma personne vers le collectif, comme y étant à la fois attachée et détachée. Le collectif n'est pas un regard sur une multiplicité de moi, mais surtout ce qui est possible dans cet entre-espace.

Je compose cet essai en laissant mon esprit être transversé, avec toutes ses distractions et sa fragilité, par son enchantement. Des citations directes sont disséminées au travers du texte mais la note formelle de bas de page peut seulement emprunter les chemins qui sont déterminés par les citations et tout ce qui a été inventé par ma tête et le souffle de la mémoire...

Directrice de recherche : Chantal duPont