Roméo Gongora

Le dédoublement dans l'allégorie à travers une pratique de la peinture et de la vidéo

Voir pour croire, toucher pour croire. Si le champ de l'image résout ce problème de l'incrédulité par la combinaison de l'optique et l'haptique, ce désir de toucher l'autre instaure, dans le domaine visuel, un mode de représentation où la parole s'incarne et se traduit en signes visuels, au-delà d'un régime discursif. En prenant pour sujet l'union et la désunion des liens entre deux individus, nous explorerons donc l'idée que l'oeil peut développer une vision rhétorique qui permette simultanément de voir et de toucher, à travers une pratique de la vidéo qui interpelle la peinture.

La notion de polarité allégorique fait émerger, par la jonction d'oppositions, une expérience simultanée de sensation et de perception, rejetant la logique discursive, éprouvant le regardeur. L'étude des cas du tableau mécanique du XIXe siècle et de l'oeuvre The Reflecting Pool (1977-1979) du vidéaste Bill Viola démontrera en effet que ce potentiel libéré à la confluence de l'image immobile et de l'image en mouvement, dans ces zones de contact entre la peinture et la vidéo, est en somme ce qui émeut le regardeur. Ces notions de polarité allégorique et de tableau mouvant seront finalement invoquées afin de dégager les lignes directrices qui sous-tendent la série Les lois de l'indifférence, ces schèmes offrant notamment une assise théorique aux tensions de pulsion / répulsion qui animent les vidéos Geliebter (Ô mon amour!) et FRATRIE. En ce sens, je souhaite que cette réflexion portant sur l'analyse des codes d'interprétation de l'image permette de soulever un questionnement sur les stratégies de conciliation conceptuelle, visuelle ou interpersonnelle.

Mots clés : allégorie, vidéo, tableaux mécaniques, peinture, Bill Viola, The Reflecting Pool, dédoublement.

Directeur de recherche : David Tomas / codirecteur : Mario Côté