Francis Montillaud

L’autoreprésentation par la mise en scène de grimaces et comportements sociaux prenant forme à travers une pratique de l’installation, de la sculpture et de la vidéo

Ce texte d’accompagnement fait état d’une pratique oscillant entre l’installation, la sculpture et la vidéo. C’est par un décloisonnement entre les arts visuels et le théâtre que je conçois des œuvres mettant en scène diverses formes d’autoreprésentation. Ces formes varient selon le contexte de chaque projet, il peut s’agir de bustes directement moulés sur nature, de personnages filmés en studio ou d’objets anthropomorphiques. Ce travail de la figure humaine aborde la construction de l’image sociale par l’exploration des attitudes, des gestes et des postures que le corps peut adopter. Je m’intéresse particulièrement aux manières de se comporter en société, au savoir-vivre, au « savoir parler », au « savoir se représenter ». À travers mes œuvres, je cherche à transmettre le plaisir que je ressens face au travestissement et à la dénaturation des stéréotypes véhiculés par différents modes d’apprentissage et de classification sociale.

Concrètement, j’observe, documente, moule, manipule et remodèle des sons, aussi bien que des images et des objets. Je collige méthodiquement captations vidéo, bandes sonores tirées de leçons de langues et équipements scéniques. Ce matériel est amalgamé avec des techniques issues des arts plastiques, telles que le moulage, le modelage, l’assemblage et le montage. C’est par une scénographie où les équipements et les systèmes de présentation sont visibles que j’interviens dans le lieu d’exposition. Le but de ma démarche est d’imbriquer le documentaire à la fiction en créant des œuvres qui explorent leurs propres procédés de création telle une mise en abyme.

Directeur de recherche : Stephen Schofield