Nathalie Grimard

placeholder

La noyade de narcisse : une réflexion de l'artiste dans son oeuvre par procédés mixtes

Ce travail traite de certains aspects liés à la problématique de l'autoportrait. S'appuyant sur des théories picturales, la noyade de Narcisse tente de mettre en lumière le projet Ciel d'argent, une installation photographique / vidéographie. Il ne sera nullement question d'inscrire ce projet dans une tradition picturale, car nous sommes pleinement conscient qu'il présuppose le geste photographique. Toutefois, par l'intermédiaire de la peinture, nous pensons cerner davantage cette réflexion, puisque ses prémisses sont similaires, à bien des égards, à celles qui constituent l'autoportrait peint. D'ailleurs, en reprenant cette problématique, nous voulons arriver à une esthétique et une rhétorique différentes de celles de la peinture. En effet, l'installation propose une réflexion sur la photographie à travers la systémique de l'autoportrait. Ciel d'argent tente de montrer que l'autoportrait est bien davantage qu'un simple geste narcissique, mais bien un acte complexe. Lorsqu'on s'arrête à la construction d'un autoportrait, on y découvre un jeu d'aller / retour entre le sujet et l'auteur. Cependant, ce jeu ne peut se réaliser sans l'intervention d'un narrateur, le spectateur. Ce travail tente justement de montrer en quoi le rôle du spectateur est essentiel à la construction de l'installation Ciel d'argent, et surtout, en quoi il détermine l'identité même de l'artiste. Selon nous, faire son autoportrait c'est vouloir affirmer, par le regard de l'autre, son identité d'artiste.

Enfin, Ciel d'argent est en quelque sorte un autoportrait «collectif». Installé à l'angle des rues Cartier et Gauthier, le 5 juin 1997, nous avons demandé à 25 passants différents de nous photographier les yeux. À partir de ces prises de vue (échantillons), nous avons réalisé un grand paysage. Dans cette perspective, le projet se présente comme un protocole d'expérimentation visant à mettre ensemble ce qui est intime et ce qui est social. Pour ce faire, nous associons l'intime à l'autoportrait, alors que le social devient relatif au paysage. Cette recherche empirique est, somme toute, une quête de ce qui est propre à notre identité d'artiste.

Directrice de recherche : Monique Régimbald-Zeiber