Josée Pellerin

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La désobéissance comme espace(s) poétique(s) dans le pictural et le photographique

Depuis longtemps, mon intérêt se porte sur les codes visuels de perception qui conditionnent notre appréhension du monde environnant, plus particulièrement, dans la relation avec l'art. Ces visions culturelles et individuelles qui ne cessent de se modifier dans l'histoire, sont celles qui nous donnent accès au savoir, à la connaissance. Cependant, tous ces aspects perceptifs passent inévitablement par la lorgnette du phénomène des apparences à partir duquel la notion de vérité, dans ses différentes tentatives de définition, est devenue un mythe nostalgique.

Le travail présenté vient interroger le potentiel de vérité et de facticité contenu dans les apparences, appliqué à une recherche plastique. C'est par le biais des différents paramètres propres aux langages photographique et pictural que je tente de définir puis de questionner la séduction des apparences susceptible d'engendrer un espace poétique. Tributaire d'un point de désobéissance dans l'oeuvre, l'émergence du poétique, ce non-lieu producteur de doutes, de méprises, favoriserait des glissements dans le champ sémantique. Des stratégies sont utilisées, telles que des recouvrements de matière à même les photographies afin de créer des points de résistance dans l'expérience esthétique et ainsi remettre en cause les notions de réel et de réalité. Ces obstructions, substituant la transparence au clair-obscur, tentent de repenser l'expérience esthétique - entre son effet et sa réception - comme une communication ne pouvant détenir toutes vérités mais devenant un indice notable pour sonder l'expression ludique comprise dans les apparences.

Directrice de recherche : Monique Régimbald-Zeiber