Junk male box : remise en question de la représentation populaire de l'identité masculine comme contre-image dans une oeuvre «barock» et indisciplinaire
C’est sur une imagerie issue des médias de masse que mon travail artistique se penche. Je suis, depuis longtemps, fasciné par ces figures souvent stéréotypées qui constituent si pauvrement une identité masculine. Contre ces images de la junk culture qu’on nous propose (voire qu’on nous impose), je crée mes propres contre-images(1). Contre l’aspect lisse et étudié de l’imagerie cinématographique et publicitaire, je souligne l’impureté et le côté artisanal de la main qui s’approprie. Entre autoreprésentation et appropriation, mon travail pille, célèbre et parodie les clichés, caricatures et autres identités standardisées qui constituent le junk male. L’attitude adoptée en est une désinvolte qui favorise le foisonnement. Je la nomme barock, car elle emprunte autant à l’exubérance de l’esprit baroque qu’à une forme populaire, toute aussi excessive quoique balisée, le rock’n’roll. C’est une conduite qui me permet d’œuvrer avec de multiples techniques et qui me laisse changer de médiums comme le junk male peut changer de visage. Mon travail est installatif, dans la mesure où, lors d’une présentation publique, les multiples composantes préalablement réalisées se voient plus ou moins anarchiquement organisées dans l’espace d’exposition. Ces composantes sont les hacking que je conçois en vidéo, dessin (sur papier ou graffité au mur), son et peinture. Plutôt que d’une pratique multidisciplinaire, je préfère parler d’une pratique indisciplinaire(2), ce terme rimant mieux avec le disparate va-et-vient entre les médiums que j’opère et avec le ton que j’adopte, insoumis et humoristique. Avec irrévérence et ironie, mon travail traite d’une définition de l’homme remplie de stéréotypes, mais aussi de la définition d’un artiste, de sa production et de son lieu d’exposition.
(1) Marie-José Mondzain, L’image peut-elle tuer?, Paris, Bayard, 2002, p. 27.
(2) James Partaik, L’indisciplinarité, attitude d’accès, Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval pour l'obtention du grade de maître ès arts, 1998.
Directeur de recherche : Jean Dubois







