Interprétation de la notion de temps et d'espace à travers l'expérience photographique et l'installation
Depuis quelques années, je m'interroge sur notre besoin de délimiter notre espace, d'y laisser nos traces à travers le temps.
C'est à partir d'histoires racontées que je me suis intéressée à certains événements sociaux qui se sont passés au Québec, entre autres le problème de l'acculturation dont les Amérindiens ont été victimes. Je m'inspire de lieux en fonction de ce qu'ils représentent ou de ce qu'ils ont représenté pour la société. Dans l'installation photographique «Acculturation», j'utilise les limites qui nous sont imposées dans la forme documentaire pour confronter son objectivité à l'interprétation subjective d'une réalité sociale. C'est en délaissant le processus mécanique que nécessite la photographie et en m'impliquant comme acteur que je déconstruis le document pour en faire une fiction. J'ai choisi de traduire les émotions qui se dégagent des lieux plutôt que d'exprimer objectivement la réalité concrète de l'histoire qui m'avait été racontée. Ainsi, le sujet photographié est interprété et traduit d'une façon subjective.
Mon désir d'introduire la forme picturale dans ma démarche artistique m'amène à travailler avec la couleur et le mouvement, ce qui donne une forme abstraite à l'image photographique, la rapprochant ainsi d'une réalité picturale. Mes préoccupations s'articulent autour de la mémoire, du temps, des traces et de l'histoire.
Je m'interroge sur le problème de l'interprétation, de la traduction, du passage entre ce qui est vécu et divulgué en optant pour une infidélité fertile.
Directrice de recherche : Chantal duPont







