Marie-Claude Bouthillier

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Hiérophanie et création de l'espage : lieu de conjugaisons des spécificités que se partagent la peinture et le texte (demande à la peinture : un roman gigogne)

Le plan où se rejoignent la peinture et le texte, le lieu des permutations et des confrontations épigraphiques, pictographiques et planographiques, là où cohabite tout ce qui peut exister bidimensionnellement, c'est ce que j'appelle l'espace (sic). Cet espace spécial je l'ai situé dans multiples projections d'un roman où j'ai aménagé un habitat pour ma peinture. L'oeuvre est dans la conjugaison de ces approches cousines : peindre, écrire. On accède à cette nouvelle dimension, l'espace, par la correspondance des ambiances et sensations communes à la peinture et l'écriture.

Les personnages et les situations de mon roman ne sont pas entièrement imaginaires, d même que la personne de la narratrice n'est pas tout à fait authentique. Il ne s'agissait pas de dire les faits de dire les faits ni de raconter les événements tels qu'ils se sont présentés à moi, dans l'ordre, mais plutôt d'animer certaines idées récurrentes de façon à créer un motif par la répétition des thèmes. Ce motif en tapissant l'espace psychique, spirituel, mental, essentiel chez moi à l'acte de peindre, circonscrit l'espace.

Le pivot du roman est la quête existentielle d'une peintre, liée à celle de son oeuvre. Autour de ce point central s'articulent des nouvelles dont le sujet est toujours le problème le problème de la substance de l'oeuvre et de sa matérialité même. La narration est amplifiée par l'ajout d'un glossaire en bas de page qui, tout en dérangeant la lecture linéaire du texte, en diversifie l'interprétation.

La question était de savoir «quoi» peindre maintenant, et surtout, de quel côté chercher une «permission» de le faire.

J'ai demandé à la peinture et le roman m'a répondu.

Directeur de recherche : Raymond Lavoie