Entre-deux ou espaces invisibles : oblitération de l'image et agentivité de l'intime dans une pratique de l'installation et de la vidéo
« L’évènement ultime qui fit exploser Beyrouth [le 4 août 2020] n'a été que la manifestation du désastre dans lequel nous vivions, qui était présent en nous, mais que nous aurions négligé » (Nakad, 2019). Quelle pratique de l’image est possible pour traiter du présent d’un pays en désastre ? Face à l’hégémonie de l’oculaire, comment rendre visible une ville si excessive qu’elle se retire à nous ? Quelle image, sinon oblitérée, fragmentée, est capable de retracer la chronique de ce lieu ? Dans ce projet, je tente de faire trace de ces villes que l’on transporte avec soi lors de nos déplacements volontaires ou involontaires. J’oeuvre pour donner chair à ces espaces imaginaires et imaginés, que l’on habite en dehors de l’espace et du temps. Mais comment regarder ces mondes sinon par aveuglement ? Le projet de création Effacer voir où le jour où j’ai arrêté de dessiner est formé de plusieurs volets constituant un même corpus, dans une pratique de l’essai vidéo et d’installations à plusieurs canaux. Par la voix de l’intime, je tente de garder des traces de ces histoires. Sous la forme d’un journal filmé à plusieurs chapitres, la parole subjective prend corps dans une dialectique entre l’intime et le politique. La voix singulière de la première personne tente d’historiciser un moment dans la vie d’une ville – des villes – invisible-s.
MOTS CLÉS : Image, matérialité, immatériel, vidéo, oblitération, aveuglement, Beyrouth, intime, voix, auto-théorie, politique, espace, interstice, hétérotopie, invisible, ville
DIRECTION : Michael Blum
LIEN ARCHIPEL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/17217







