Myriam Yates

Élaboration des rapports médiatiques entre le sujet et l'artiste dans une captation vidéographique redéfinissant les limites du privé et du public

Les médias et les technologies de communication s'infiltrent inéluctablement dans notre vie quotidienne, tout comme dans le champ de l'art actuel, ce qui tend à complexifier et diversifier nos rapports avec les autres et avec le monde extérieur. Cette présence médiatique et technologique génère des nouvelles formes de socialisation, d'intimité, de spectacle, d'isolation et de contrôle. Les questions relatives à la perméabilité entre la sphère publique et la sphère privée doivent être posées avec acuité. À travers une pratique vidéographique, je désire entreprendre un questionnement sur ce qui relie l'individu comme sujet au social. Je me pencherai sur les situations où sont convoquées simultanément les sphères publiques et privées dans un rapport médiatique. J'entends par rapport médiatique des situations qui mettent en scène, de façon directe ou sous-entendue, des outils de captation et de diffusion, principalement la caméra vidéo.

À travers différentes situations que je filmerai (captées sur le vif ou issues de mises en scènes simples), j'insisterai sur les rapports ambigus qui peuvent émerger entre notre relation au monde et la représentation de soi. Ce qui m'intéresse dans la représentation de soi se révèle dans des situations où l'aspect médiatique se trouve engagé, où une médiation est créée entre le sujet et l'artiste. Cette mise en évidence positionne le médium non seulement comme capteur, mais comme problématique posée. Bien que la vidéo comme d'autres capteurs mécaniques (la photographie et le film) semblent garantir une objectivité certaine, il serait plus juste de parler d'une certaine objectivité. Parallèlement, les appareils numériques que je compte utiliser offrent la proximité et l'instantanéité dans un contact direct avec le sujet. En examinant de près ces qualités, il devient évident qu'elles sont relatives. Ce sont ces rapports médiatiques ambigus que je compte questionner afin de définir les limites mêmes des notions du privé et du public.

Directeur de recherche : Stephen Schofield