Dire vouloir se blesser : protocoles de compromission avec la psychiatrisation de l'auto-blessure dans une pratique de l'art performance
Comment travailler avecsur la psychiatrisation de l’auto-blessure dans une pratique artistique performative? La pratique de l’auto-blessure étant avalisée en histoire de l’art performance, cette recherche s’attarde à comment la psychiatrisation vient modeler la manière dont l’auto-blessure est pratiquée en-dehors du contexte artistique, et ce afin d’élaborer une réflexion critique sur le pouvoir psychiatrique. J’élabore donc une pratique performative protocolaire qui se base sur les procédés de l’interrogatoire psychiatrique, notamment le fait d’avouer, de (se) re/narrativiser et de divulguer. J’expérimente ainsi une compromission – entendue au sens de se ranger du côté de; travailler avecsur les psychiatrisé-e-s –, dans la forme de ma pratique performative et de ma recherche. Ma pratique performative protocolaire se déploie par un recadrage performatif du fait de dire s’être auto-blessé et dire vouloir s’auto-blesser, et ce dans le contexte universitaire. J’ai notamment proposé au Comité pour la recherche avec des êtres humains de l’UQAM (CERPE) de m’auto-blesser lors de ma recherche, afin de me pencher sur les conditions qu'engendrerait un tel vouloir. Ces procédés me permettent de porter attention aux moments où je dois avouer avoir fait ou vouloir faire, et comment cela me lie aux psychiatrisé-e-s, particulièrement à l’expérience de l'interrogatoire psychiatrique. Ainsi, ce mémoire est réfléchi avec une méthodologie de recherche-création ancrée dans les perspectives anti-psychiatriques et Mad – qui remettent en question et critiquent les rapports de pouvoir se déployant dans la psychiatrisation.
MOTS CLÉS : auto-blessure, art performance, art protocolaire, body art, psychiatrisation, interrogatoire psychiatrique, aveu; anti-psychiatrie, Mad studies
DIRECTION : Gisèle Trudel
LIEN ARCHIPEL : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/17020







