Dans l'installation photographique, matérialiser le corps et l'image du corps fragmenté, vocabulaire intime
Le texte qui suit tente d'éclairer le lecteur sur le lien entre ma pensée théorique sur l'identité et son influence sur mon travail de création. La première partie du texte entame le contexte théorique, stimulé par les écrits de Judith Butler et de Susan Buck-Morss, ainsi que mon expérience personnelle du sujet dans ma recherche. Celle-ci explore l'identité comme étant une négociation constante entre nos désirs et leurs limites, nos illusions et la réalité. la présence de cette négociation suppose que l'identité est une quête continue qui se déploie avec le temps qui passe et non une matérialisation fixe que l'on possède. Ainsi l'identité, étant fluide et donc complexe, nous impose des moments d'instabilité en regard de la perception que nous nous faisons de nous-mêmes et de l'extérieur. Ici, nous nous trouvons dans un entre-deux, nous sommes fragiles et vulnérables, quoique, à la fois puissants et impénétrables.
C'est cet état que j'ai tenté de transmettre par la pièce «Oscillation». Je me suis attardée à l'image du corps comme métaphore de ce processus de négociation identitaire, car c'est à travers lui que nous vivons notre individualité, sa confrontation à l'extérieur, le social, le politique. Dans la deuxième partie du texte, j'examine l'utilisation que je fais du corps physique dans mes oeuvres, en comparaison avec celles de Kiki Smith, dont plusieurs des pièces m'ont inspirée et sont étudiées dans le texte. Le corps physique nous permet, à toutes les deux, quoique différemment, d'évoquer le corps psychique et de suggérer la notion de frontières entre l'intérieur et l'extérieur dans le processus de négociation identitaire.
La dernière partie du texte dévoile la construction et la matérialisation de «Oscillation» comme métaphore de mon sujet, soit la négociation que j'ai vécue avec elle. Elle m'a imposé des ajustements et a fini par réclamer son autonomie, tant dans sa forme que dans son lieu.
Directrice de recherche : Monque Régimbald-Zeiber / codirectrice : Angela Grauerholz







