Cacher pour révéler : le bavardage comme entrave à l'indicible dans une pratique de l'art dans la vie
Ce mémoire accompagne l’exposition Les Bavardes et témoigne de l’élaboration d’une méthodologie de création de résistance et de résilience par le bavardage, menée dans le cadre de la maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM. Ce texte expose la contradiction que sous-tend l’expression de ce qui ne peut être dit et propose d’éprouver la méthodologie de création par le bavardage en vue d’entraver l’indicible pour tendre vers une prise de parole plurielle, réparatrice et révélatrice. Soutenue par une approche pluridisciplinaire hyper-diversifiée, cette méthode de cocréation met en lumière la pertinence d’user de la multiplicité, du micro-récit et du caché pour rendre compte de la pluralité des identités dans l’expression des récits de soi liés au trauma et aux expériences marquantes. Influencée par les courants de créations féministes DIY, l’exposition Les Bavardes propose un mobilier de type banc-bibliothèque où les participants sont invités à livrer des micro-récits réalisés par l’artiste (abordant plusieurs sujets à portée autobiographique dont l’enfance malheureuse, le handicap, la violence envers les femmes, la grossesse involontaire, etc.), à y déposer leurs propres livres ainsi qu’à collaborer à la création de divers objets, actions et enregistrements vidéo. L’approche en cocréation adoptée pour cette exposition et pour la méthodologie du bavardage, propose des situations qui détournent les rôles sociaux usuels et les rapports de pouvoir entre artiste et citoyen en offrant l’espoir d’une vie et d’un quotidien qui seraient traversés par l’art.
MOTS CLÉS : bavardage, indicible, trauma, récit de soi, multiplicité, micro-récit, pluridisciplinarité, cocréation, archive
Directrice de recherche : Claire Savoie







