Mémoire création
Cette lecture-performance de Sarah Boutin est présentée conjointement avec CONTOURS en marge de son exposition de fin de maîtrise « laisser l’incurable être incurable est une forme d’amour ».
Samedi, le 17 juin à 14h00
Maison de la littérature, 40, rue Saint-Stanislas, Québec
Gratuit, réservation obligatoire
+1 418-641-6797

« j'ai attendu la tristesse. je l’ai regardée comme un oiseau qui ne volait pas encore. j'ai tenté de comprendre – afin de m’en affranchir – d’où me venait la honte qui en inhibait l’expression. il n’y avait rien à faire.
nous sommes en juin. les fleurs du lilas ont flétri, le framboisier bourgeonne. cela fait un an que ma grand-mère est morte. j’étends au sol un drap-linceul. il devient un nid dans lequel le deuil arrive enfin à se déposer. aimer est un acte de retour. je veux remettre la peine à sa place parmi la prière, la mélisse, le thym, le feu, la baignoire, le lit, l’hôpital. je compte les noyaux de dattes amassés tout l’hiver pour les planter, je panse des oiseaux de porcelaine, je récite la plainte que j’ai écrite pour apprivoiser ma peine. la voix qui résonne ne m’appartient pas en propre. ma lamentation célèbre la filiation de ce corps avec ses ancêtres, la lignée des pleureuses. par elles j’accède à la sagesse de l’absente : elle reconnaît la maladie et la mort comme des conditions inextricables du vivant et y consent. en passant du nous au elle, les gestes et les poèmes que je pose sont initiés par la maladie, la solitude et la disparition. au cours de la performance, ils se répètent, s’ouvrent et vont vers une plus grande inclusion de ce qui fait le monde : la croissance, la perte. »
Gratuit, réservation obligatoire.
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