(Finnissant·e·s à la maîtrise] [Expositions de fin de maîtrise]

« Mon projet de recherche-création vise à explorer comment activer le corps et l'espace par le son à partir du concept de la perception géographique de Maryanne Amacher (1938-2009), artiste, compositrice et chercheure américaine. Ce concept consiste en l’organisation d’une chorégraphie tridimensionnelle de phénomènes sonores et de leur expérience, en explorant l’architecture et l’acoustique des lieux investis. Cette méthode d’investigation facilite la prise de conscience de l'environnement sonore et la façon dont il influence notre compréhension et notre expérience de l'espace. Ce qui m’amène à me poser les questions suivantes : comment arriver à mettre en scène la physicalité du son inerrante au lieu exploré (Amacher,2002)? ; comment rendre audible l’inaudible? ; comment convoquer le corps hyperécoutant (expérience d'écoute incorporée, Nancy, 2002) du visiteur.euse dans une installation d’art sonore ?
En guise de réponse à ces questions, mes travaux prennent plus spécifiquement leurs racines au sein de l’architecture des lieux en ruine. Lors de mes explorations urbaines, j’utile des technologies de captation et d’amplification des ondes électromagnétiques afin de récolter cette matière première invisible. En devenant matériaux, ces signaux traduits en éléments sonores constituent le point de départ de mes expériences de transformations spécifiques. Ces éléments sonores sont ensuite réinjectés dans l’espace physique duquel des éléments architecturaux sont utilisés comme outil de spatialisation du son. Rendant ainsi l’inaudible audible via des transducteurs (un transducteur convertit une information sous une forme d'énergie en une autre, qu'elle soit mécanique, électrique, calorique, etc.) et enceintes récupérées, je sculpte le son, les volumes et l’espace jusqu’à ce qu’une œuvre-lieux émerge (Neuhaus, 1994).
Finalement, c’est une déambulation expérientielle de l’œuvre-lieu qui est proposé au visiteur.euse, explorant les conséquences du son sur le corps et sur les perceptions de celui-ci. »
BIO
Diplômée de trois autres programmes d’étude (design d’intérieurs, design architectural et connaissance et sauvegarde de l’architecture moderne) FIZA a par la suite entrepris un parcours complémentaire à l’UQAM au programme des arts visuels et médiatiques. À la frontière entre le sport et la démarche artistique, elle pratique également l’exploration urbaine qui consiste à s’introduire dans des lieux abandonnés, des lieux oubliés sur lesquels le temps a laissé sa marque et qui garde la trace de leurs anciennes fonctionnalités. C’est donc naturellement via l’architecture des lieux en ruine que sa pratique en art sonore prend ses racines.
Françoise Isabelle Lessard, étudiante M.A. Arts visuels et médiatiques, UQAM







